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32,000 travailleurs étrangers en Algérie
Publié: 03/07/2007
L’Agence nationale de l’emploi a dénombré quelque 32.000 travailleurs installés régulièrement en Algérie entre 2006 et 2007.

32,000 travailleurs étrangers en Algérie
Un chiffre en hausse par rapport à 2005 qui a enregistré une présence de plus de 18.000 travailleurs étrangers alors qu’en 1999, l’Algérie n’a reçu que 543 travailleurs étrangers sur une population active de 8,7 millions.

Par ailleurs, sur les 104 nationalités, les statistiques de 2005 placent les Chinois en tête de peloton, avec 45% de la main d’œuvre. Viennent ensuite les Egyptiens, avec 11%, les Italiens avec 3,5%, les Français, les Américains et les Philippins avec un taux de 3% et enfin de 2% pour les Syriens et les Canadiens.

Plus de 65% de la main d’œuvre étrangère sont abrités par quatre wilayas à savoir Alger, Oran, Ouargla et Adrar. Quelque 51% de la main d’œuvre sont localisés dans le BTPH, 45,2% dans l’industrie, 3,6% dans les services et seulement 0,2% capté par l’agriculture. C’est ce que nous a annoncé, hier, Benbouzid, cadre au département du travail, à l’issue d’une table ronde sur les flux migratoires et le développement, animée au centre d’El Moudjahid conjointement avec ses homologues experts en l’occurrence, M. Serrai, consultant international, M. Achoubi, ex-ministre du Travail, M. Farès, ancien du CNES.

En ce qui concerne le niveau de qualification des travailleurs étrangers, notre interlocuteur a recensé pas moins de 23% comme cadres supérieurs, 21,5% de cadres et TS, 27% d’agents de maîtrise, 25% de personnels qualifiés et seulement 0,75% de travailleurs sans qualification.

Quant à la présence illégale d’étrangers sur le sol algérien, le conférencier, se basant sur les statistiques de la gendarmerie, a estimé à plus de 7.000 personnes qui viennent s’installer chez nous parmi lesquels on trouve quelque 40% qui ont l’intention ferme de rester et d’acquérir la nationalité algérienne, 40% le considèrent comme pays de transit et 20% n’ont pas d’avis précis.

Entre 1999 et 2003, il a été recensé plus 28.000 étrangers en Algérie. Dans sa nouvelle réglementation, en attendant le nouveau code du travail, notre pays a institué 12 nouveaux visas d’entrée qu’il s’agisse du visa de travail temporaire ou autre.

40 à 50 millions de migrants clandestins dans le monde

D’autre part, les autres conférenciers, pour la plupart, ont axé leur intervention sur la problématique des flux migratoires et leur rapport avec le développement. Pour M. Serrai, les flux migratoires qui font bouger pas moins de 200 millions d’êtres humains sur le globe, dont 40 à 50 millions d’émigrants clandestins, génèrent à eux seuls quelque 250 milliards de dollars. Des sommes faramineuses qui dépassent de loin, selon lui, les aides octroyées par les pays riches.

Une étude faite au ministère des AE note que les flux internes de l’Afrique et de l’Asie sont plus importants que les flux intra continents. Les migrations algériennes sont celles, d’après lui, qui rapportent le moins à notre pays. En plus des milliers de compétences algériennes qui se sont perdues et qui cherchent, malgré elles, à se racheter.

De son côté, M. Farès, un ancien membre du CNES, a lié, pour sa part, la problématique des flux migratoires au problème sérieux de l’endettement. Il citera pour l’exemple la dette mondiale qui s’élève à 60.000 milliards de dollars. Il a révélé également que 56 millions de migrants vivent en Europe y compris en Russie ce qui correspond à 7,5% de la population mondiale. Restant dans les chiffres, il indiquera également que 49 millions de migrants viennent d’Asie.

Les Chinois viennent en pole position avec 25 millions de migrants, suivis des Indiens avec 20 millions et des Philippins avec 7 millions de migrants. Les regroupements familiaux, les problèmes politiques, les migrations économiques dues notamment aux conditions de vie détériorées et l’accroissement des inégalités sont les facteurs déterminants de ces flux migratoires intenses, notamment des pays du Sud vers ceux du Nord.

Ces derniers utilisent assez souvent la question de l’émigration clandestine dans leurs discours électoralistes la liant aux questions du terrorisme et de l’insécurité imposant, ainsi, leurs propres règles d’une émigration choisie portée sur les compétences. Cela n’empêche guère certains pays européens d’utiliser une main d’œuvre bon marché en fermant les yeux sur les voies clandestines à l’heure de la mondialisation.

L’ex-ministre du Travail, pour sa part, a bien résumé ce phénomène planétaire, issu d’un mouvement naturel de l’humanité à travers les temps.

Dans un rapport de l’Onu, Achoubi a laissé dire que 192 millions de migrants ont été recensés en 2005. Ce qui avoisine les 3% de la population mondiale. Environ 48,6% de cette population migrante sont des femmes. Et pratiquement une douzaine de pays captent 95% de migrants. L’Asie, à travers la Chine, l’Inde et les Philippines, reste, selon lui, le plus gros fournisseur en migrants.

Un rapport de l’OCDE a révélé, quant à lui, que 1,8 million de personnes émigrent pour des raisons d’études. Ce qui fait de cette population un immense réservoir de pompage de compétences et de main d’œuvre surqualifiée des pays de Sud vers le Nord.

Parallèlement, des politiques alternatives ont été mises en place pour juguler l’émigration clandestine, mais en vain. Du moment que les aides publiques de développement proposées aux pays du sud ne sont qu’une portion congrue par rapport aux solutions apportées. Les passeurs, de tout acabit sur les fameux boat people, continuent à s’adonner à ce commerce fructueux au su et au vu de tout le monde et aux dépens des vies humaines.
Par Abed Tilioua
Sources: Voix de L'Oranie
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